FC Nantes : ce mal invisible qui plombe la saison
FC NantesLigue 1 McDonald's01/01/1970 01:00 - Ludo Bonnet
Anthony Lopes parle de « sabordage ». Ahmed Kantari évoque un problème « mental ». Les mots changent, mais le constat reste le même depuis des mois : ce FC Nantes-là se décompose au moindre coup de vent.
Un scénario devenu tristement familier
À Monaco vendredi soir, le schéma s'est répété avec une précision presque clinique. Vingt bonnes premières minutes, un Lopes décisif à deux reprises, un semblant de solidité collective, puis un grain de sable, une erreur, et tout s'effondre. Trois buts en cinq minutes. C'est devenu la marque de fabrique de cette équipe : elle ne perd pas progressivement, elle s'écroule. D'un coup. Sans résistance.
Ce n'est pas un accident. À Lorient, c'était un coup franc fatal à la 89e qui avait transformé un point arraché en défaite cruelle. Contre Nice à la Beaujoire, même recette. Contre Lyon la semaine d'avant, idem. Les adversaires, les stades et les compositions changent, mais le film reste identique : dès que l'événement contraire survient, les Canaris plongent.
Kantari met des mots sur le mal, mais pas encore de remède
En conférence de presse après Monaco, le technicien n'a pas cherché à esquiver. Il a reconnu que sept mois passés sans presque aucune victoire laissent des traces profondes dans un vestiaire. Que la confiance, quand elle s'évapore, ne se décrète pas. Que ses joueurs montrent des qualités à l'entraînement qu'ils n'arrivent plus à reproduire le week-end, tétanisés par la peur de perdre.
Le diagnostic est juste. Mais un diagnostic ne soigne pas. Kantari, arrivé pour relancer la machine, n'a connu qu'une seule victoire en sept matchs de Ligue 1 sur le banc nantais. L'effet nouvel entraîneur, ce sursaut psychologique qui accompagne souvent un changement de coach, n'a pas eu lieu. Ou plus exactement : il a duré le temps d'une mi-temps, comme cette seconde période plus combative à Monaco, où les Nantais ont enfin relevé la tête mais sans jamais inquiéter sérieusement l'adversaire.
Le problème dépasse le terrain
Ce qui frappe dans cette saison nantaise, c'est que la fragilité mentale ne touche pas un ou deux joueurs fragiles : elle contamine l'ensemble du collectif. Les recrues hivernales : Cabella, Yousuf, Sylla, sont arrivées avec l'ambition de redresser la barre. Elles ont coulé avec le navire dès leur premier vent contraire. Cabella, censé incarner le leadership technique, n'a jamais pesé à Monaco. Yousuf, prometteur à ses débuts, a livré son pire match. Sylla n'a tenu que 45 minutes.
Ce n'est pas qu'une question de niveau individuel, comme le dit Kantari. C'est un environnement qui broie. Un club où la contestation autour de la gouvernance ne s'est jamais vraiment éteinte, où le turnover d'entraîneurs fragilise toute construction, et où les joueurs finissent par douter d'eux-mêmes autant que de leur projet collectif.
La question qui fâche
Avec 14 points en 21 matchs, huit défaites sur les neuf dernières rencontres et un calendrier qui ne s'annonce pas plus clément, la question n'est plus de savoir si Nantes traverse une mauvaise passe. C'est de savoir si ce groupe a encore les ressources psychologiques pour s'en sortir.
Kantari assure que ses joueurs « continuent de s'accrocher » et mise sur « l'unité ». Mais l'unité sans résultats finit par s'user. Et côté Beaujoire, la patience des supporters, qui avaient déjà fait entendre leur colère après la défaite contre Nice, a ses limites.
Le match face au Havre, le 22 février, dira beaucoup. Pas tant sur le plan tactique que sur le plan mental. Les Canaris sont-ils encore capables de gagner un match qui compte ? Toute la fin de saison dépend peut-être de la réponse à cette question. Et pour l'instant, rien dans ce qu'on a vu à Monaco ne pousse à l'optimisme.
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