Monaco-Nantes (3-1) : cinq minutes pour tout perdre, encore
FC NantesLigue 1 McDonald's14/02/2026 15:39 - Ludo Bonnet
Cinq minutes. C'est le temps qu'il a fallu à l'AS Monaco pour mettre le FC Nantes à genoux, vendredi soir au stade Louis-II (3-1). Entre la 25e et la 30e minute, les Jaunes ont encaissé trois buts et livré l'un des passages les plus catastrophiques de leur saison et pourtant, la concurrence dans ce domaine est rude.
Sylla, Yousuf, Machado : le naufrage en trois actes
Tout avait pourtant plutôt bien démarré. Pendant vingt minutes, Nantes tenait son rang, Anthony Lopes réalisait même deux arrêts décisifs face à Balogun et Faes (19e). Puis tout a basculé sur une erreur de débutant : Abakar Sylla, qui fêtait sa première titularisation depuis son prêt de Strasbourg, laisse passer sous sa semelle une passe en retrait de Cabella. Le boulevard s'ouvre pour Balogun, dont le centre trouve Simon Adingra : 1-0 (25e).
Trois minutes plus tard, rebelote. Deiver Machado perd un ballon dans son couloir, Golovin décale Adingra qui double la mise — 2-0 (28e). Et à peine le temps de reprendre son souffle qu'Ali Yousuf, jusque-là plutôt convaincant depuis son arrivée en janvier, offre une interception facile à Golovin. Zakaria conclut dans la foulée : 3-0 (30e). Cinq minutes, trois buts, trois erreurs individuelles. Le match était plié.
Centonze sauve l'honneur, mais le mal est fait
Côté nantais, seul Fabien Centonze a tiré son épingle du jeu. Passeur décisif sur un bon travail de Machado, ironiquement l'un des fautifs du naufrage, l'ancien Messin a réduit l'écart juste avant la pause d'une reprise pleine de sang-froid dans la surface (45'+1). Son troisième but de la saison, le seul motif de satisfaction pour les Canaris.
La seconde période, avec un Monaco à dix après l'expulsion stupide de Golovin (65e, double jaune pour contestation), a offert un visage plus combatif côté nantais. Mais sans jamais véritablement inquiéter la défense monégasque. Matthis Abline, repositionné dans l'axe, n'a touché que 14 ballons en première période. Cabella, la recrue censée apporter du liant technique, n'a jamais pesé (3/10 dans les deux principaux quotidiens sportifs).
« On s'est sabordés » : Lopes et Kantari sonnent l'alarme
En zone mixte, Anthony Lopes n'a pas mâché ses mots. Le gardien international a résumé la situation en une phrase qui dit tout du malaise ambiant. Ahmed Kantari, de son côté, a pointé en conférence de presse un mal devenu chronique : la fragilité mentale de son groupe. Le technicien reconnaît que sept mois sans presque aucune victoire pèsent sur les têtes — et que le moindre grain de sable provoque l'effondrement.
Le bilan chiffré fait froid dans le dos : huit défaites en neuf matchs, une seule victoire sous la direction de Kantari en championnat, et une onzième défaite en douze déplacements cette saison. Nantes stagne à la 17e place avec 14 petits points, à huit longueurs du premier non-relégable.
Le Havre en ligne de mire : déjà un match couperet
Après l'effondrement à Lorient il y a deux semaines, cette déroute monégasque enfonce un peu plus les Canaris dans la crise. Le prochain rendez-vous, c'est le 22 février à la Beaujoire face au Le Havre, un concurrent direct pour le maintien. Une rencontre qui ressemble déjà à une finale, à un moment où le club a désespérément besoin de points et où la patience des supporters nantais s'érode match après match.
Reste une question, la même depuis des semaines : cette équipe a-t-elle les ressources mentales pour inverser la tendance ? À Monaco, la réponse a été cruelle.
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