FC Nantes : les renforts hivernaux n'inversent pas la tendance
FC NantesLigue 1 McDonald's18/02/2026 07:45 - Ludo Bonnet
Huit arrivées en janvier, plus le retour de prêt d'Ignatius Ganago. Sur le papier, le FC Nantes a fait le plein pour affronter la deuxième partie de saison. Dans les faits, après trois semaines de compétition avec ces renforts, le constat est cruel : les Canaris n'ont pris que 3 points sur 15 possibles, et la dynamique ne s'est pas inversée.
Un recrutement massif, mais à quelle fin ?
Le mercato hivernal nantais a été dense. Rémy Cabella (libre, en provenance de l'Olympiakos) devait incarner le leadership technique qui manquait au milieu de terrain. Deiver Machado (Lens) apportait l'expérience de la Ligue 1 sur le couloir gauche. Ibrahima Sissoko (Bochum) et Ali Yousuf (Club Africain) renforçaient l'entredeux. Frédéric Guilbert (libre, ex-Lecce) ajoutait de la polyvalence défensive. Abakar Sylla arrivait en prêt de Strasbourg pour solidifier la charnière. Sans oublier le retour de Ganago, censé peser devant.
L'intention était claire : muscler un effectif trop fragile dans tous les secteurs. Mais comme l'avait pointé le journaliste Bastien Aubert dans les colonnes de But! Football Club, le FCN s'est renforcé « en quantité, mais pas en cohérence ». Et c'est exactement ce que le terrain confirme.
Cabella, la déception la plus criante
De toutes les recrues, c'est Rémy Cabella qui cristallise le plus d'attentes et de frustrations. L'ancien Montpelliérain, passé par l'OM et Saint-Étienne, avait été présenté comme l'homme capable de redonner du liant et de la créativité à un jeu nantais anémique. Après plusieurs matchs, le constat est sans appel : Cabella n'a jamais pesé.
À Monaco, il a été noté 3/10 par Ouest-France et L'Équipe. Le diagnostic est partagé : actif dans l'intention, redescendant pour organiser le jeu, mais incapable d'imprimer un rythme ou de faire des différences. Le problème n'est peut-être pas le joueur lui-même — c'est l'environnement dans lequel il débarque. Comment briller quand le collectif s'effondre à la première occasion ?
Sylla et Yousuf : premiers pas, premiers cauchemars
Le cas d'Abakar Sylla est emblématique. Prêté par Strasbourg où il était déjà marqué par des sautes de concentration, le défenseur central a livré un match cauchemardesque pour sa première titularisation. Son erreur sur l'ouverture du score, un ballon qui lui passe sous la semelle, a déclenché l'effondrement collectif. Sorti à la pause, il n'a joué que 45 minutes. Difficile de construire de la confiance dans ces conditions.
Ali Yousuf, lui, avait plutôt rassuré lors de ses premières apparitions. Le défenseur libyen semblait apporter de la sérénité et une présence physique bienvenue. Mais à Monaco, il a vécu son pire match en jaune : en retard sur Balogun, responsable sur le deuxième but, coupable d'une passe interceptée sur le troisième. Sa note de 2/10 dans Ouest-France résume la soirée.
Machado, Sissoko, Guilbert : entre discrétion et galère
Deiver Machado a au moins le mérite d'avoir délivré une passe décisive à Monaco, sur le but de Centonze. Mais le Colombien a aussi perdu 18 ballons et n'a gagné qu'un seul duel sur dix dans son couloir gauche. Un ratio qui résume l'impuissance du latéral face aux redoublements adverses.
Ibrahima Sissoko, entré en cours de jeu à plusieurs reprises, n'a pas encore eu l'occasion de s'installer durablement dans le onze. Même constat pour Frédéric Guilbert, dont la polyvalence n'a pas encore trouvé sa place dans l'organisation de Kantari.
Le vrai problème : un environnement qui broie les renforts
Le trait commun à toutes ces recrues, c'est qu'elles arrivent dans un vestiaire en souffrance depuis sept mois. Un vestiaire qui doute, qui encaisse des buts en série, qui n'a presque jamais goûté à la victoire cette saison. Dans ce contexte, même un joueur de qualité a du mal à exprimer son potentiel. La confiance ne se décrète pas, et le collectif ne se reconstruit pas en trois semaines.
Comme le rappelait Kantari après Monaco, ses joueurs « montrent des qualités à l'entraînement » qu'ils ne parviennent plus à reproduire en match. Le blocage est mental, pas technique. Et aucun mercato ne peut résoudre un problème mental.
La formation nantaise, qui avait porté tant d'espoirs en début de saison avec l'émergence de jeunes talents comme Ezekiel Alledji ou Moustapha Dabo, se retrouve elle aussi noyée dans le marasme collectif. Le paradoxe est complet : Nantes dispose d'un effectif plus fourni qu'en début de saison, mais il n'a jamais semblé aussi fragile.
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